Festival d’Avignon 2014

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Festival d’Avignon 2014

Cette année, pour la 68e édition du festival, 4 pièces et un programme de débats et ateliers, mettaient en scène le monde économique.

Dire ce qu’on ne pense pas dans des langues qu’on ne parle pas (de Antônio Araújo, à partir d’un texte de Bernardo Carvalho) évoquait la crise économique. Le retour sur le continent européen d’un vieil homme qui y a vécu comme exilé politique dans les années 1970. Il revient avec sa fille, économiste, qui l’accompagne de rencontres en rendez-vous : fonctionnaires de l’immigration, ancien syndicaliste ami, médecin, économistes, hommes d’affaires... dessinent autant de portraits que de fissures de cette nouvelle Europe qu’il ne reconnaît plus. À noter que l’œuvre a été écrite dans le cadre du projet européen Villes en Scène.

Les représentations se tenaient du 7 au 17 juillet.

The Fountainhead / La Source Vive (de Ivo Van Hove, d’après Ayn Rand) est une adaptation du roman The Fountainhead. Le spectacle questionnait le statut de l’artiste dans une société capitaliste. Deux voies semblent s’offrir à lui : être à l’écoute du public pour le satisfaire dans ses goûts les plus immédiats ou n’être qu’à l’écoute de lui-même pour développer sa propre créativité quitte à heurter le public de son temps.

Mai, Juin, Juillet (de Christian Schiaretti, à partir d’un texte de Denis Guénoun) renoue avec les événements de 1968. Le Théâtre de l’Odéon est assiégé : des dizaines de jeunes en colère ont décidé d’occuper ce temple d’une culture considérée comme bourgeoise. Jean-Louis Barrault, maître des lieux, tâche de comprendre, partagé entre l’angoisse ressentie face à l’assaut et l’empathie pour cette jeunesse ardente. À travers cette pièce, Christian Schiaretti partage aussi l’histoire récente, parfois mouvementée, du théâtre français.

Dans Solitaritate (de Gianina Carbunariu), tout commence par le partage de la salle où le public est installé. Les acteurs négocient la propriété des rangées de fauteuils où les spectateurs sont comme les pions impuissants d’un jeu de rivalités et de stratégie. Il est notamment question de propriétés et du rapport privé/public. Un couple pèse les avantages et les inconvénients du recours aux services d’une nounou philippine pour les soutenir à la maison. Une icône du théâtre décédée rejoindra le cimetière du peuple après la vente de sa prestigieuse concession par son fils. Une radiographie sévère de la classe moyenne roumaine, qui apparaît obnubilée par la réussite à l’européenne et les standards de vie promus par les médias et par Bruxelles. Spectacle également réalisé dans le cadre du projet européen Villes en Scène.

Enfin, Les ateliers de la pensée proposaient des rendez-vous réguliers et quotidiens sous la forme de grands débats et d’ateliers, avec notamment Le Monde est jeune et Les Controverses du Monde en Avignon (en partenariat avec Le Monde), La Ville Créative, Projet de Société ou encore Le Théâtre face à la « Chose économique ». Le programme détaillé est à retrouver dans le Guide du Spectateur

Le programme complet est disponible sur le site du Festival d’Avignon

Et, pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’évocation de l’économie, de l’argent, de l’entreprise et de la finance au théâtre, retrouvez nos bibliographies Le théâtre de l’entreprise et Argent et finance au théâtre

 


Publié le 7 juillet 2014.