La récession correspond à une baisse de la production mesurée par une croissance du Produit intérieur brut qui devient négative pendant au moins deux trimestres consécutifs. Les récessions sont toutefois assez rares. L’économie française n’en a connu que 4 depuis 1945 : 1974, 1993, 2009 et 2020. Elles sont causées par des chocs affectants négativement la demande, l’offre ou les deux à la fois ou bien le système financier.

 

 

Définition

La récession correspond à une baisse de la production et non à un simple ralentissement du rythme de progression de la croissance. Elle est mesurée par les économistes par une croissance du Produit intérieur brut qui devient négative pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Les récessions sont toutefois des phénomènes assez rares. L’économie française n’en a connu que 4 depuis 1945 : 1974 (choc pétrolier), 1993 (crise du système monétaire européen), 2009 (crise des subprimes) et 2020 (crise du Covid-19). Elles sont causées par des chocs affectant négativement soit la demande (par exemple dans les années 1981-1982 aux Etats-Unis), soit l’offre (comme en 1974 avec la hausse du coût de l’énergie déclenchée par la crise pétrolière de 1973), soit les deux (comme en 2020 avec la pandémie de covid-19), soit le système financier (crise financière de 2008).

Enjeux

Si elle se poursuit, une période de récession peut déboucher sur une dépression caractéristique d’une crise économique, comme celle des années 1930, qui se traduit par une baisse continue de la consommation, une forte hausse du chômage et des faillites d’entreprises.  Les pouvoirs publics interviennent aujourd’hui rapidement lors de l’apparition des premiers signes laissant présager de l’imminence d’une récession afin d’en réduire l’impact et de retrouver le chemin de la croissance.

La réponse des pouvoirs publics face à la récession dépend de la cause de son déclenchement :

  • En cas de choc affectant la demande, l’Etat peut réduire les taxes et les impôts pour stimuler le pouvoir d’achat et ainsi relancer la consommation. Si l’inflation est sous contrôle, les banques centrales peuvent chercher à stimuler le crédit bancaire à la consommation en baissant les taux directeurs ;
  • En cas de récession due à un choc d’offre négatif lié à une forte hausse de l’énergie, les pouvoirs publics peuvent chercher à compenser les hausses de coûts subies par les entreprises par des dispositifs budgétaires spécifiques (octroi de subventions, baisse des taxes, bouclier tarifaire par exemple) afin de soutenir la production ;
  • En cas de crise financière, la banque centrale peut intervenir pour soutenir la liquidité (refinancement) et la solvabilité (prêteur en dernier ressort) des banques, notamment par des politiques « d’assouplissement quantitatif » visant à racheter des titres financiers que les banques détiennent contre des liquidités, pour garder des taux d’intérêt à long terme les plus bas possibles.

Exemple

La récession de 2008 a concerné l’ensemble des pays développés et a duré plus d’un an. Elle est pour cela appelée « la Grande Récession ».

Ses origines remontent à la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007, puis au krach boursier de 2008 consécutivement à la faillite de la banque Lehman Brothers. Une crise immobilière qui s’est transformée en une crise financière puis s’est propagée à l’économie réelle par le biais d’effets de richesse négatifs (pertes en bourse par de nombreux ménages américains qui en réaction ont baissé leur consommation) et d’une contraction du crédit bancaire, car les banques des pays occidentaux avaient essuyé de lourdes pertes sur les marchés financiers et étaient devenues rétives à prêter par crainte du risque de faillites des emprunteurs.

Le PIB mondial a chuté de 1,3% en 2009. Aux Etats-Unis, la baisse a atteint 2,5%. En France, la baisse a été de 2,9% et en zone euro de 4%.

En réaction, les pays occidentaux ont mis en place des politiques budgétaires expansionnistes destinés à soutenir l’activité économique via le lancement de grands travaux publics et l’augmentation des prestations sociales. Par ailleurs, la banque centrale américaine a baissé ses taux d’intérêt pour favoriser l’accès au crédit et a rapidement décidé de mener une politique d’assouplissement quantitatif destinée à fournir aux banques les liquidités nécessaires pour prêter aux agents économiques.

Grâce à l’action concertée des pays occidentaux, la Grande Récession a pris fin en 2010.

 

 


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Publié le 16 Janvier 2024. Mis à jour le 22 Janvier 2024