Vinted : quand l’économie circulaire revolutionne la fripe

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Connaissez-vous Vinted, leader en matière de fripe en ligne ? Très certainement. Nous avons rencontré Natacha Blanchard, qui nous livre l’histoire ainsi que la vision qu’entretient Vinted avec la mode éco-responsable.

Quel est le principe de Vinted ? 
 
Vinted est la plus importante marketplace P2P/C2C en Europe dédiée à la mode de seconde main. Via notre plateforme, nos membres peuvent à la fois vendre et acheter une grande variété d’articles de mode de seconde-main, à des prix très accessibles. Mais Vinted ne se réduit pas à cela. Ce que nous proposons aussi à nos utilisateurs c’est une solution pour contribuer à une économie circulaire et un moyen simple de s’engager dans des choix de consommation plus responsables. Nous comptons actuellement plus de 23 millions de membres à travers nos 12 marchés : France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Luxembourg, Autriche, UK, USA. Depuis décembre 2018, nous avons également relié entre eux 5 marchés dont la France à travers une plateforme international. Ce qui signifie que nos membres français peuvent dorénavant vendre et acheter à d’autres utilisateurs de Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg et de l’Espagne.  
 

Quelle est l’origine de votre projet ? 
 
Vinted a été fondé à Vilnius en Lituanie, par Milda Mitkute et Justas Janauskas. Son principe de base est simple, une solution apportée à un problème très personnel, et qui reste encore maintenant une des raisons d’être de Vinted auprès de ses membres : un dressing qui déborde. Milda était sur le point de déménager de sa ville natale à Vilnius, la capitale. Elle réalisa qu’elle avait beaucoup trop de vêtements et que cela ne lui servirait à rien de tout emporter avec elle. Pour faire bon usage de ces vêtements qu’elle ne mettait plus, la solution qu’elle trouva fut de créer une plateforme en ligne sur laquelle ses amis pourraient voir les vêtements dont elle ne voulait plus et choisir ceux qu’ils aimeraient récupérer. Mais pour créer cette plateforme, elle avait besoin de quelqu’un avec des connaissances en informatique. C’est là que Justas entre en scène. Milda lui présente son idée lors d’une soirée et il accepte de prendre en charge la partie technique du projet. Vinted est ainsi lancé comme un site destiné au cercle d’amis de Milda. Mais l’information se répandit rapidement et l’idée reçut beaucoup d’attention de la part des médias lituaniens. Vinted devint un succès immédiat dans son pays d’origine. En 2009, le concept est étendu en Allemagne et plus tard, une fois l’entreprise créée, les 2 fondateurs l’étendent à d’autres pays, dont la France en 2013. Aujourd’hui, Vinted est présent dans 12 marchés à travers le monde, depuis son siège social à Vilnius et ses bureaux à Berlin, Prague et Varsovie. L’entreprise est dorénavant gérée par son CEO Thomas Plantenga et compte ​23 millions de membres dans le monde, dont 10 millions en France. 
 

 Quel est votre fonctionnement économique ? 
 
Nous ne percevons pas de frais auprès des vendeurs sur Vinted, ce qui signifie que nos utilisateurs gardent l’intégralité des ventes qu’ils réalisent. Nous offrons toutefois aux acheteurs d’effectuer des transactions et des achats en toute sécurité via notre système de paiement en ligne. Cette “protection acheteur” se traduit par des frais équivalents à 5% du prix de l’article, à laquelle s’ajoute une commission fixe de 0,70€. Nous avons aussi développé des fonctionnalités automatisées, comme l’option Boost, afin que les vendeurs puissent apporter plus de visibilité à certains de leurs articles dans le catalogue. Ces fonctionnalités sont payantes mais leur usage reste complètement optionnel pour le vendeur. Enfin, nous générons des revenus additionnels à l’aide des publicités placées sur notre site ou notre application. 
 

 Quelle est votre vision de la mode éco-responsable ? 
 
Elle est nécessaire, car la mode circulaire entre dans l’effort d’une mode éco-responsable. Chacun doit pouvoir contribuer à son niveau et Vinted offre une plateforme qui facilite le “passage à l’acte” éco-responsable. C’est ce qui nous motive à ne pas relâcher nos efforts pour toujours répondre au plus près aux besoins et attentes des utilisateurs. Nos membres sont à la fois acheteurs et vendeurs et nous voulons nous assurer que le choix d’une mode circulaire devienne le plus accessible et facile possible pour eux, pour qu’ils puissent s’engager. 
 

Avez-vous rencontrer des difficultés diverses ? 
 
En 2016 l’entreprise était dans de grandes difficultés et n’avait de ressources que pour tenir quelques mois supplémentaires. L’un des investisseurs a donc dépêché sur place Thomas Plantenga afin d’analyser la situation et établir un plan d’actions pour aider l’entreprise à se relever. Après trois mois, un nouveau business model a été décidé, avec en conséquence d’importants changements comme la fermeture de certains bureaux en Europe et aux USA, pour recentraliser les opérations, principalement au siège social à Vilnius. C’est également à cette époque qu’a été introduit le principe de l’absence de frais pour les vendeurs - ce qui était très inhabituel pour ce type de plateforme C2C. Tous ces changements ont permis de relancer l’activité et le succès de Vinted en Europe est exponentiel depuis deux ans. Thomas Plantenga a d’ailleurs décidé de rester à Vilnius et de s’investir davantage dans l’entreprise. Il en est maintenant le CEO. 
 

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos valeurs et objectifs ?  Quels sont vos projets et perspectives futures ? 
 
Notre mission est de faire de la mode de seconde-main le premier choix dans le monde. Pour cela, nous nous devons d’offrir la meilleure expérience possible à nos utilisateurs et c’est ce à quoi nous travaillons sans relâche. Actuellement, nos équipes travaillent à développer et optimiser la plateforme internationale ainsi qu’à élaborer de nouveaux outils et fonctionnalités afin que nos membres soient toujours plus en confiance lorsqu’ils achètent et vendent sur Vinted. Et tous ces efforts ont pour but de participer à l’effort global et d’accélérer la transition vers un monde et une consommation plus responsables.


Publié le 18 novembre 2019.